La ville de Bouaké est sous le choc. Depuis plusieurs semaines, de nombreuses victimes se manifestent pour dénoncer les agissements d'un individu répondant au nom de SORO Nahoua, la trentaine, ancien agent commercial se réclamant d'une société de fourniture de materiels informatique basée à Bouaké.
Selon les informations recueillies par notre rédaction, cet homme aurait soutiré près de 27 millions de francs CFA à plusieurs habitants de Bouaké et ses environs, en leur promettant des retours sur investissement mirobolants dans un prétendu projet de marché publique obtenu par son entreprise la SONABAS.
UN TÉMOIN BRISE LE SILENCE
L'une des victimes, M. DOUMBIA Prince, commerçant au grand marché de Bouaké, a accepté de témoigner sous son identité pour alerter la population. Il raconte avoir été approché par SORO Nahoua en début d'année.
« Il se présentait très bien, il parlait bien, il avait des documents, des contrats, même un badge d'entreprise. Il m'a convaincu d'investir dans son projet. J'ai remis 7 350 000 francs en un versements. Après le dernier versement, il a commencé à ne plus répondre à mes appels. Puis son numéro est devenu inaccessible. Quand je suis allé à son domicile, il avait déménagé sans laisser d'adresse », témoigne-t-il, la voix encore chargée d'amertume.
UNE ORGANISATION FAMILIALE ?
Selon plusieurs victimes, SORO Nahoua ne travaillait pas seul. Il se serait fait assister d'une femme se présentant comme son épouse repondant aux initiales de CK, ainsi que d'un jeune homme décrit comme son neveu repondant aux initiales SB, qui accompagnait souvent les victimes lors de la remise des fonds et servait de « garant ». Toutefois, à ce stade de l'enquête, l'implication directe de ces deux personnes dans les faits d'escroquerie n'a pas encore été formellement établie. Les autorités appellent à ne pas tirer de conclusions hâtives à leur égard.
DES PLAINTES DÉPOSÉES, UN SUSPECT EN FUITE
Face à l'ampleur des faits, plusieurs victimes ont déposé des plaintes auprès du Commissariat de Police du 2ème Arrondissement de Bouaké ainsi qu'à la Direction Régionale de la Jeunesse. Les enquêtes sont en cours.
Mais le principal suspect, lui, reste introuvable. Il ne répond plus à aucun appel téléphonique, a abandonné son ancien bureau situé dans le quartier N'Gattakro, et serait en fuite accompagné de ses deux enfants en bas âge dont il aurait la garde. Son lieu de refuge actuel est inconnu.
APPEL À TÉMOINS — LA POPULATION DOIT AGIR
Les autorités et les victimes lancent un appel solennel à toute la population de Bouaké et des villes environnantes — Yamoussoukro, Katiola, Béoumi, Sakassou, M'Bahiakro — ainsi qu'à la diaspora bouakéenne.
Si vous avez vu SORO Nahoua, si vous reconnaissez son signalement, si quelqu'un dans votre entourage vous parle d'un individu proposant des investissements dans le commerce de cacao ou de cajou avec des promesses de gains rapides, signalez-le immédiatement.
Ne lui faites confiance sous aucun prétexte. Ne remettez aucune somme d'argent à quiconque se réclame de lui ou de son réseau.
Chaque silence permet à cet escroc de faire de nouvelles victimes. Chaque témoignage peut permettre de retrouver cet homme et de rendre justice aux nombreuses personnes qu'il a ruinées.
COMMENT LE SIGNALER ?
Vous pouvez le signaler de plusieurs façons :
Par téléphone au numéro d'alerte citoyen : 05 01 49 60 60 (disponible 24h/24 — appels et WhatsApp)
Directement à la Police Nationale, Commissariat du 2ème Arrondissement de Bouaké
À la Gendarmerie Nationale la plus proche de chez vous
En contactant notre rédaction via WhatsApp au 07 13 04 58 56 — la confidentialité de vos témoignages est garantie
Les victimes qui ne se sont pas encore manifestées sont également invitées à se faire connaître afin de rejoindre le groupe de plaignants déjà constitué.
SIGNALEMENT PHYSIQUE
SORO Nahoua est décrit comme un homme d'environ 30 à 40 ans, de teint noir, corpulent, mesurant environ 1m80, portant souvent des T-shirt et polo. Il s'exprime couramment en français et en senoufo. il est originaire de sinematiali.
Ensemble, mettons fin à l'impunité. Bouaké ne doit pas être la ville des escrocs.